¤ Le livre de ombres (suite)

Du Rituel d'initiation

 

Initiation au premier degré


- O toi qui attend sur le seuil entre le monde plaisant des hommes et le domaine effrayant du Seigneur des espaces extérieurs,
as-tu le courage de tenter le passage?
Je te le dis en vérité,
il serait préférable de te jeter sur ma lame et de périr que de tenter le passage avec la peur en ton coeur.
- J'ai deux mots de passe.
Parfait amour en parfaite confiance.
- Tout ceux qui en sont dotés sont doublement accueillis.
Je t'en donne un troisième pour ouvrir la porte effrayante.
Tenez compte,
ô Seigneurs de l'Est (Sud, Ouest, Nord)
que ***
est correctement préparé pour être initié en tant que prêtre et sorcier.

Eko, eko, Azarak,
Eko, eko, Zomélak,
Eko, Eko, Cernunnos,
Eko, Eko, Aradia!

Dans d’autres religions le postulant s'agenouille alors que le prêtre le surplombe.
Mais dans l'Art magique on nous enseigne l'humilité,
ainsi nous nous agenouillons pour l'accueillir et disons:

Bénit soient les pieds qui t'ont conduit en cette voie.
Bénis soient les genoux qui se poseront devant l'autel sacré
Bénit soit l'utérus sans qui nous ne serions pas.
Bénit soient les seins formés dans la beauté
Bénit soient les lèvres qui diront les noms de joie.

Nous allons maintenant prendre tes mesures
- Avant de prêter serment,
es-tu prêt à passer l'épreuve et à être purifié?
- Je le suis

Trois
Neuf
Vingt-et-un

- Tu as bravement passé l'épreuve.
Es-tu prêt à jurer fidélité envers l'Art?
- Je le suis
- Es-tu toujours prêt à aider,
protéger et défendre tes frères et soeurs dans l'Art?
- Je le suis
- Ainsi, répète après-moi:
« Moi, ***,
en présence des Puissances,
par ma libre volonté et de mon propre choix,
jure très solennellement de toujours garder les secrets de l’Art et de ne jamais les révéler,
sauf aux personnes appropriées,
correctement préparées à l'intérieur d'un cercle comme celui où je me trouve maintenant.
Je jure de ne jamais interdire les secrets à une telle personne
si elle est correctement présentée par un frère ou une soeur de l'Art.
Tout cela,
je le jure par mon espoir d'une vie future,
sachant que mes mesures ont été prises.
Puissent mes armes se tourner contre moi si je romps ce serment solennel. »

Et moi je te marque du triple signe.
Je te consacre avec le chrême.
Je te consacre avec le vin.
Je te consacre avec mes lèvres en tant que prêtre et sorcier.

Maintenant je te présente les outils de travail.
D'abord, le glaive magique.
Avec cela, tout comme avec l'athamé,
tu peux évoquer les cercles magiques,
dominer, soumettre et punir tout démon ou esprit rebelle,
et même persuader les esprits bienfaisants.
Avec cet outil dans tes mains,
tu diriges le cercle.

Je te présente l'athamé.
Voilà la véritable arme des sorciers et possède tous les pouvoirs du glaive magique.
Je te présente le bollène.
Il est utilisé pour façonner tous les instruments de l'art et ne peut être utilisé qu'à l'intérieur du cercle magique.
Je te présente la baguette.
Elle sert à convoquer certains anges et génies pour lesquels le glaive magique ne convient pas.
Je te présence le calice.
Voici le réceptacle de la Déesse,
le chaudron de Cerridwenn,
le saint Graal d'immortalité.
Nous l'utilisons pour boire en toute amitié et versons des libations en l'honneur de la Déesse.
Je te présente le pentacle.
Il sert à convoquer certains esprits.
Je te présente l'encensoir.
Il sert à encourager et à accueillir les esprits bienveillants et à bannir les esprits mauvais.
Je te présente le martinet.
C'est un symbole de pouvoir et de domination.
Il sert aussi à la purification et à l'illumination.
En effet, il est écrit:
« pour apprendre tu dois souffrir et être purifié. »
Es-tu prêt à souffrir pour apprendre?

- Je le suis

Enfin, je te présente les cordons.
Dans l'Art,
ils servent à lier les sceaux,
de même pour les bases matérielles.
Ils sont aussi nécessaires pour les serments.
Au nom d'Aradia,
je te salue maintenant en temps que nouveau prêtre et sorcier.

Écoutez-moi,
Puissances de l'Est (Sud, Ouest, Nord);
***
a été ordonné prêtre,
sorcier et enfant caché de la Déesse.

 Initiation au deuxième degré

Écoutez, ô Puissances de l'Est (Sud, Ouest, Nord),
*** (nom mondain),
qui est un prêtre ordonné et un sorcier consacré
est maintenant préparé pour être fait grand prêtre et mage
(grande prêtresse et reine sorcière)

- Pour atteindre ce sublime degré il faut souffrir et être purifié.
Es-tu prêt souffrir pour apprendre?
- Je le suis
- Je te purifie afin que tu prête serment comme il se doit.

Trois
Sept
Neuf
Vingt-et-un

- Je te donne maintenant un nouveau nom,
*** (nom de sorcier choisi).
Quel est ton nom?
- Mon nom est ***
- Répète ton nouveau nom après moi,
en disant:
« Moi, ***,
jure sur le sein de ma mère et par mon honneur chez les hommes et chez mes frères et soeurs de l'Art,
de ne jamais révéler les secrets de l'Art,
sauf aux personnes appropriées,
correctement préparées à l'intérieur d'un cercle comme celui où je me trouve maintenant.
Cela, je le jure par mon espoir de salut,
mes vies passées,
et l'espoir de vies futures.
Je voue mes mesures et moi-même à la destruction totale si je rompt ce serment solennel. »

Par ma volonté,
je te transmet tout mon pouvoir.
Je te consacre avec le chrême.
Je te oins avec le vin.
Je te consacre avec mes lèvres en tant que grand prêtre et mage (grande prêtresse et reine sorcière).

Maintenant tu utiliseras les outils de travail à tour de rôle.
Premièrement, le glaive magique
Deuxièmement , l'athamé
Troisièmement, le bollène
Quatrièmement , la baguette
Cinquièmement , le calice
Sixièmement, le pentacle
Septièmement, l'encensoir
Huitièmement, les cordons
Neuvièmement , le martinet.

Maintenant, sache ceci,
en sorcellerie tu dois toujours rendre ce que tu reçois,
et le rendre au triple.
Ainsi, là où j'ai donné trois me reviens neuf;
là où j'ai donné sept me reviennent vingt-et-un;
là où j'ai donné vingt-et-un me reviennent soixante-trois.

Neuf
Vingt-et-un
Soixante-trois

Tu as obéis à la loi.
Mais souviens-toi:
quand tu reçois le bien,
tu dois le rendre au triple.

Écoutez-moi,
Puissances de l'Est (Sud, Ouest, Nord);
*** a été ordonné grand-prêtre,
et mage (grande-prêtresse et reine sorcière)

Notre-Dame la Déesse n'avait jamais aimé,
mais elle voulait percer tous les mystères,
même celui de la Mort.
C'est ainsi qu'elle se rendit dans le monde souterrain.
Les gardiens du portail la défièrent:
« enlève tes vêtements,
retire tes ornements,
car dans cette contrée,
tu ne peux rien emporter avec toi. »
Ainsi, la Déesse enleva ses vêtements,
retira ses ornements et fut liée comme le sont tout ceux qui entrent au Royaume des Morts.
Sa beauté était telle que le Seigneur des Ombres lui-même s'agenouilla et embrassa ses pieds en disant:
« bénis soient les pieds qui t'ont conduit en cette voie.
Demeure avec moi et laisse mes mains froides toucher ton coeur. »
Elle répondit:
« je ne t'aime point.
Pourquoi prends-tu plaisir à flétrir et tuer tout ce que j'aime et qui me ravis? »
« Ma Dame »,
répond le Seigneur des Ombres,
« je suis impuissant devant l'âge et le destin.
L'âge flétrit toutes choses,
mais quand les hommes meurent,
une fois leur temps écoulé,
je leur prodigue paix,
tranquillité et force afin qu'ils puissent retourner.
Mais toi!
Tu es ravissante.
Ne retourne pas,
reste avec moi. »
Mais elle répondit:
« je ne t'aime point. »
Le Seigneur dit alors:
« si tu n'accueilles pas mes mains sur ton coeur,
tu devras recevoir la flagellation de la mort. »
« C'est le destin, et c’est pour le mieux »,
répondit la Déesse.
Et elle s'agenouilla,
et le Seigneur la flagella tendrement.
Et elle pleura: « je sens la morsure de l'amour. »
Et le Seigneur des Ombres répondit,
« bénie sois-tu! » et lui donna le quintuple baiser,
disant: « maintenant seulement peux-tu accéder à la joie et à la connaissance. »
Et il lui enseigna toute la magie.
Ainsi, il y a trois grands événements dans la vie humaine:
l'amour, la mort et la résurrection dans un nouveau corps.
Tous les trois sont contrôlés par la magie.
Pour que l'amour s'accomplisse,
tu dois retourner à la même époque et au même endroit que l’être cher,
te remémorer et l’aimer de nouveau.
Pour renaître tu dois mourir et te préparer à un nouveau corps.
Pour mourir, tu dois naître.
Pour que tu naisses il faut l'amour.
C'est là toute la magie.

Initiation au troisième degré

Avant de commencer le rite sublime,
je demande purification de tes mains.

Écoutez, ô Puissances de l'Est (Sud, Ouest, Nord)
le deux fois saint et consacré *** (nom sorcier),
grand-prêtre et mage (grande prêtresse et reine sorcière),
qui est préparé et va maintenant ériger l'autel ancien.

Je dois demander purification encore une fois.

Maintenant, je dois révéler un grand secret

Aides-moi à ériger l'autel ancien
Où tous adoraient jadis;
Le grand autel de toutes choses.
Dans les temps anciens,
La Femme était l'autel.
Ainsi l'autel était élevé et placé,
Et le lieu sacré était un point au centre du Cercle.
On nous a enseigné que ce point central est à l'origine de toutes choses.
Nous devons donc l'adorer.
Et ce que nous adorons, nous devons aussi l'invoquer,
Par le pouvoir de la lance soulevée.
Ô cercle d'étoiles dont notre Père n'est que le cadet,
Merveille qui dépasse l'imagination,
Âme des espaces infinis devant qui le temps rougit,
L'esprit devient perplexe,
Et la compréhension s'obscurcit;
Nous ne pouvons t'atteindre à moins d'honorer ton image.
Ainsi, par semence et par racines,
Par branches et bourgeons,
Par feuilles et fleurs et fruits,
Nous t'invoquons,
Ô Reine de l'Espace,
Ô joyaux lumineux,
Perpétuel empyrée.
Qu'on ne parle pas de toi comme Une,
Mais comme Aucune.
Ne les laisse pas parler de toi du tout
Puisque tu es ineffable.
Tu es le point que nous adorons,
Le point au centre du cercle,
Le point de vie sans qui nous ne serions.
Ainsi sont élevés les piliers jumeaux,
Érigés dans la beauté et la force
Pour l'émerveillement et la gloire de l'humanité.
Ô Secret des secrets
Qui est caché dans tout être vivant
Ce n'est pas toi que nous adorons
Car ce qui adore est aussi toi
Tu es ceci et je suis cela.
Je suis la flamme qui brûle au coeur de chaque homme,
Et le noyau de chaque étoile.
Je suis la vie et le donneur de vie.
Ainsi donc, la connaissance de moi est la connaissance de la mort
À moi seul, je suis le Seigneur en nous
Dont le nom est Mystère des mystères
Ouvre les voies de l'intelligence entre nous
Car voici les cinq vrais points de communion
Pieds à pieds
Genoux à genoux
Lance et Graal
Poitrine à poitrine
Lèvres à lèvres
Par le puissant nom de Cernunnos
Et par le gracieux nom d'Aradia
Que nos coeurs soient confortés
Que la lumière se cristallise en notre sang
Assurant notre résurrection
Car il n'est partie de nous qui ne soit divine.

Des autres secrets

 

 Des voies de la magie

On dit que le symbole sur l'athamé [Ndt.: l’étoile à huit branches] représente,
entre autre chose, les huit sentiers qui mènent au Centre et

les huit voies pour faire de la magie.  Ce sont:

1. La méditation ou la concentration
2. Les chants, les sorts, les invocations. Invoquer la Déesse, etc.
3. La projection du corps astral, ou transe.
4. L'encens, les drogues, le vin, etc. Toute potion qui libère l'esprit.
5. La danse.
6. Le contrôle du sang. L'utilisation des cordes.
7. Le martinet.
8. Le grand Rite.

Tu peux combiner plusieurs de ces méthodes afin de produire plus de pouvoir.
Cinq choses sont nécessaires pour pratiquer l'Art avec succès:

1. L'intention. Il te faut une absolue volonté de réussir, une inébranlable foi dans ton succès et la détermination requise pour vaincre tous les obstacles.
2. La préparation. Tu dois être correctement préparé.
3. L'invocation. Les Puissances doivent être invoquées.
4. La consécration. Le Cercle doit être correctement évoqué et consacré, et tes outils doivent être proprement consacrés.
5. La purification. Tu dois être purifié.

Ainsi, cinq choses sont requises avant de commencer,
et huit sentiers mènent ensuite au Centre.
Par exemple, tu peux combiner 4, 5, 6, 7 et 8 ensemble dans un rituel;
ou 4, 6 et 7 ensemble avec 1, 2 et peut-être 3.
Plus tu combines, plus la puissance croît.

Il n'est pas convenable de présenter à la Déesse une offrande comptant moins de quarante escourgées, & voici le secret:

Les nombres favorables sont 3, 7, 9 & trois fois 7, c'est à dire 21.
Additionnés ces nombres font quarante, ce qui signifie qu'un nombre moins parfait & moins favorable ne serait pas une parfaite prière.
De même, le quintuple salut est cinq, bien qu'il y ait 8 baisés;
car il y a deux pieds, deux genoux & deux poitrines.
Et cinq fois huit vaut quarante.
De même, il y a 8 outils de travail & le pentacle est 5;
& cinq fois huit font quarante.
(Note: 8 plus 5 fait 13. 8 multiplié par 5 fait 40)

 Du pouvoir

Le pouvoir est latent dans le corps et peut être tiré et utilisé par les habiles.

Cependant, il va se dissiper rapidement, à moins qu'il ne soit confiné dans un cercle.

Le pouvoir est exudé du corps par la peau et probablement par les orifices du corps; tu devrais donc te préparer correctement.

La moindre saleté gâche tout, ce qui montre l'importance d'une propreté irréprochable. L'attitude est d'une grande importance, aussi, ne travaille que dans un esprit de révérence. Si nécessaire, prendre un peu de vin et répéter pendant la cérémonie peut aider à produire le pouvoir.

D'autres boissons fortes et drogues peuvent être utilisées, mais il importe d'être tempéré. Tu ne pourras maîtriser le pouvoir évoqué si tu es le moindrement confus. La façon la plus simple, c'est de danser en entonnant un chant monotone, lentement d’abord, puis en accroissant graduellement le tempo jusqu'à étourdissement.
Les appels peuvent alors être utilisés, mais même les cris sauvages et dénués de signification produisent du pouvoir.

Cependant, cette méthode enflamme l'esprit et complique la maîtrise du pouvoir, quoique la maîtrise puisse être acquise avec de la pratique.
Le martinet est une bien meilleure façon, puisqu'il stimule et excite le corps et l'esprit tout à la fois, quoiqu'il permette de conserver la maîtrise.

La Grande Union est de loin la meilleure méthode. Elle libère un énorme pouvoir, mais les conditions et les circonstances la rendent difficiles à maîtriser par l'esprit les premières fois. Encore une fois, cela dépend de la pratique et de la force naturelle de la volonté de l'opérateur, et dans une moindre mesure, de celle de ses assistants.

Si plusieurs assistants expérimentés sont présents, comme autrefois, et si les volontés sont correctement accordées, des merveilles adviennent.
Les magiciens noirs sacrifient du sang, et quoique nous tenions cette méthode pour ignoble, nous ne pouvons nier son efficacité. Au lieu d'exuder lentement, comme dans notre méthode, le pouvoir surgit violemment du sang fraîchement versé.

La terreur et l'angoisse de la victime ajoutent en intensité, et un petit animal peut susciter un énorme pouvoir.
Cependant, il est difficile pour l'esprit humain de maîtriser le pouvoir qui émane d'un esprit animal inférieur. Les sorciers prétendent avoir des méthodes pour y arriver, et cela est d'autant plus aisé que l'animal sacrifié est supérieur.

Lorsque la victime est humaine, le problème disparaît totalement. (La pratique est abominable, mais c'est ainsi). Les prêtres le savent bien, eux qui accumulent un énorme pouvoir par la souffrance et la terreur DES victimes des autodafés (les feux agissant à peu près comme les cercles).

Les flagellants du temps jadis évoquaient certainement le pouvoir, mais il était perdu, puisqu'il n'était pas confiné dans un cercle. Cependant, la quantité de pouvoir généré était si grande et si continue que n'importe quel initié pouvait l'harnacher et l'utiliser de la même façon. On chuchote qu'une victime humaine consentante pourvue d'assistants hautement expérimentés pouvait réaliser des miracles lorsque son esprit restait fixé sur le Grand Oeuvre. Mais de cela je ne parlerai pas.

De la préparation convenable

Nu, mais des sandales (non des souliers) peuvent être portés.

Pour l'initiation, attache les mains derrière le dos, à la hauteur des reins, puis attache le cordon autour du cou en formant une laisse qui pende devant la gorge. (Ainsi, les bras forment un triangle sur le dos).


Quand l'initié s'agenouille devant l'autel, la laisse est attachée à un anneau fixé à l'autel. Un petit cordon est attaché comme une jarretière à la jambe gauche de l'initié, juste au dessus du genou, le bout rentré. Un autre cordon est attaché autour du mollet droit, le bout rentré afin de ne pas nuire au déplacement.

Ces cordons sont utilisés pour attacher solidement l'initié lorsqu'il s'agenouille devant l'autel, et ils doivent être assez long pour servir cet usage.

Les genoux aussi doivent être solidement liés. Cela doit être fait avec précaution.


Si l'aspirant se plaint de douleurs, le lien doit être relâché quelque peu. Si tu veux induire un état de transe par rétention du flot sanguin, un léger inconfort suffit, alors qu'un grand inconfort retiendrait la transe.

Il faut donc prendre le temps d'ajuster le lien jusqu'à tension idéale, et seul l'aspirant peut t'aider à y arriver.

(Bien sûr, cela ne s'applique pas à l'initiation, puisque la transe n'est pas désirée, mais aux fins du rituel, il est bon que l'initié soit attaché assez solidement pour se sentir absolument impuissant, mais sans inconfort)


La mesure au premier degré est prise de cette façon:

la hauteur du cou, du coeur et du sexe.

Si quelqu'un se rend coupable en trahissant les secrets, la coutume veux que ses mesures soient enterrées à minuit dans un marécage, et qu'il soit maudit en disant :

« puisses-tu pourrir comme tes mesures ».

De la danse de réunion

La demoiselle doit conduire.
Un homme doit placer ses deux mains sur sa taille,
se tenant derrière elle,
et ainsi de suite en alternant hommes et femmes.
Ainsi la demoiselle mène la danse et tous la suivent.
À la fin, elle dirige le groupe dans une spirale dextrogyre.
Lorsqu'elle rejoint le centre
(et il est préférable qu'il soit marqué d'une pierre)
elle se retourne et embrasse chaque homme venant à elle.
De même, chaque personne arrivant au centre se retourne,
les hommes embrassant les femmes,
et les femmes embrassant les hommes.
En suivant la musique,
ce jeu est plein de gaieté,
mais il faut s'exercer pour y arriver bien.
Notes que les musiciens doivent observer les danseurs et accélérer ou ralentir le tempo comme il convient.
Pour les débutants la musique doit être lente sans quoi il y aura confusion.
Cela est excellent pour présenter les gens après une grande assemblée.

Des cris

Jadis on utilisait plusieurs chants et cris,
et surtout pour danser.
Nous avons oublié plusieurs de ces chansons;
mais nous savons qu'on utilisait les cris
« IAU »,
« HAU »,
qui ressemblent aux cris
« ÉVO » ou ‘ÉVOÉ’ des anciens.
Plusieurs d'entre-eux dépendaient de la prononciation.
Dans ma jeunesse, quand j'entendais le cri
« IAU »,
il me semblait entendre
« AEIOU », ou plutôt « HAAEE IOOUU » ou « AA EE IOOOOUU ».
C'est la façon de les prolonger qui en fait des cris convenables.
Cela suggère qu'il s'agissait des initiales d'une invocation,
comme ‘AGLA’ jadis.
On raconte que c'est le cas pour l'alphabet hébreux en entier,
et qu'il était récité comme un puissant charme.
En out cas, il est certain que ces cris ont de puissants effets durant les danses,
comme je l'ai moi-même constatée.
Les autres cris sont
« IEHOVA » et « EHEIE ».
De même « HO HO HO ISE ISE ISE ».
« IEO VEO VEO VEO VEOU OROU OU OVOVO »
pourrait être un sort,
mais c'est plus probablement un appel,
à l'instar du « ÉVOÉ ÉVOÉ »
des Grecs et du « ÉVÉ HO! » des marins.
« Emen hetan » et « Ab hur, ab hus »
semblent être des appels,
tout comme le « horse and hattacok,
horse and go!
Horse and pellatis, go, go, go! »
et le « toure-loure, dansons alentour ».
« Thout, tout a tout tout,
throughout and about
» et « rentum tormentum »
sont probablement des tentatives mal prononcées de restituer des formules anciennes,
quoi qu'ils aient peut être été inventé
par quelque malheureux torturé pour taire la véritable formule.


Du cône de pouvoir

Ceci pourrait bien être l'ancienne façon.
Le cercle est marqué et les gens étaient placés à l'entour pour fouetter les danseurs.
Un feu ou une chandelle était à l'intérieur,
à l'endroit où les objets de culte sont censés être.
Tous faisaient alors une ronde jusqu'à ce qu'ils sentent avoir libéré assez de pouvoir.
S'il s'agissait d'un rite de bannissement,
ils commençaient par tourner de façon dextrogyre pour finir de façon sinistrogyre,
avec plusieurs ronde dans chaque sens.
Ils formaient enfin une file,
et se tenant par la main,
couraient vers le feu et criaient ce qu'ils désiraient.
Ils continuaient jusqu'à l'épuisement ou jusqu'à ce que quelqu'un défaille,
lorsqu'ils pensaient avoir porté le sort à destination.

 Des épreuves de l’art magique

Apprend la leçon de l'esprit qui va chargé de déshonneur,
car c'est l'esprit qui arrête les épaules & non le poids.
L'armure est lourde,
mais c'est un noble fardeau & les hommes s'y tiennent droits.
Contraindre & limiter un sens sert à accroître la concentration d'un autre.
Fermer les paupières aide à ouvrir.
De même, lier les mains de l'initiée accroît les perceptions mentales,
tandis que l’escourge augmente la vision interne.
Ainsi, l'initiée traverse fièrement,
comme une princesse,
sachant que cela sert à accroître sa gloire.

Cependant, cela n'est possible qu'avec l'aide d'une autre intelligence,
& dans un cercle,
pour éviter la dissipation du pouvoir générer.
Les prêtres tentent de faire de même avec leurs flagellations
& mortifications de la chair.
Manquant l'aide des liens,
& leur attention étant détournée par la flagellation elle-même,
ils dissipent rapidement le peu de pouvoir qu'ils génèrent.
Il n'est pas étonnant qu'ils échouassent souvent,
puisqu'ils ne travaillent normalement pas dans un cercle.
Les moines & ermites y arrivent mieux,
puisqu'ils opèrent dans de minuscules cellules & grottes,
qui agissent un peu comme des cercles.

                            Pour la clairvoyance                           

La clairvoyance vient à différentes personnes de différentes façons.
Elle vient parfois naturellement,
mais peut être induite de plusieurs manières.
La méditation profonde et prolongée peut suffire,
mais seulement si tu es doué,
et habituellement,
un long jeûne est nécessaire.
Jadis les moines et les soeurs obtenaient la clairvoyance par de longues vigiles,
combinées avec le jeûne et la flagellation jusqu'au sang.
D'autres mortifications de la chair étaient pratiquées qui donnaient des visions.

En Orient on s'infligeait différents tourments tout en s'asseyant en position de crampe,
ce qui retardait le flot sanguin.
Longue et continues,
ces pénitences donnaient de bons résultats.

L'Art nous enseigne une méthode plus aisée,
qui consistent à intensifier l'imagination tout en maîtrisant la circulation sanguine,
et la meilleure façon d'y arriver est d’utilise les rituels.

L'encens est bonne pour apaiser les esprits,
elle induit la relaxation chez l'aspirant et aide à créer une atmosphère propice à la suggestion.
La myrrhe, la gomme mastique, les racines de rue aromatique,
l'écorce de cannelle, le musc, le genièvre, le santal et l'ambre gris sont tous valables,
mais l'encens de patchouli est le plus efficace.

Après la formation du cercle,
lorsque tout est correctement préparé,
l'aspirant doit d'abord lier et amener son tuteur dans le cercle,
invoquer les esprits appropriés pour l'opération,
danser en rond jusqu'à l'étourdissement,
tout en invoquant et annonçant l'objet des travaux.
Enfin, il doit utiliser le martinet.
Cela fait, le tuteur doit lier l'aspirant à son tour,
juste assez pour retarder légèrement le sang sans causer d'inconfort.
Ils dansent en rond encore une fois.

Devant l'autel, le tuteur flagelle son pupille avec des coups légers,
constants et monotones.
Il importe que le pupille voit venir les coups,
de manière à n'entraîner qu'une douleur fugitive et à fouetter l'imagination.
Il importe que les coups soient légers,
le but n'étant que d'augmenter l'influx sur le dos pour diminuer celui de la tête.
Combiné avec des liens légers,
cela ralentit la circulation sanguine et induit une stupeur somnolente.
Le tuteur doit rester attentif,
et dès que l'aspirant parle ou dort,
il doit cesser la flagellation.
Le tuteur doit aussi veiller à ce que le pupille ne refroidisse pas.
Si le pupille lutte ou semble en détresse il faut le réveiller sur le champs.

Ne sois pas découragé si les résultats ne surviennent pas dès la première expérience.
Les effets se font habituellement sentir après deux ou trois essais.
Les effets viendront après deux ou trois expériences,
puis ils se manifesteront plus rapidement.
Bientôt, le rituel pourra être abrégé,
mais n'oublie jamais d'invoquer la Déesse ou de former le cercle.
Pour de meilleurs résultats il est préférables de trop ritualiser les premières fois.

On a constaté que cette pratique créait des liens affectifs entre l'aspirant et le tuteur,
et cela facilite les résultats s'il en est ainsi.
Si pour quelque raison il était indésirable qu'une telle affection naisse,
cela peut être évité.
Dès le début,
on s'accordera sur la nature fraternelle ou parentale de cette affection.

Souviens-toi qu'il faut évoquer le cercle correctement pour éviter de dissiper le pouvoir généré.
Le cercle est aussi une barrière contre toutes forces gênante ou malfaisante,
car pour obtenir de bons résultats tu dois te débarrasser de toutes perturbations.
Souviens-toi que l’obscurité,
la flamme des chandelles,
l'encens et le mouvement régulier du martinet ne sont pas des effets de scène.
Ce sont des instruments mécaniques pour stimuler la suggestion,
laquelle ouvre les portes de l'extase,
confère la connaissance et permet de communier avec la Déesse.
Une fois parvenu,
le rituel devient inutile puisque tu maintiens l'extase à volonté.
Cependant, le rituel demeure le meilleur moyen jusqu'à ce moment,
ou lorsque tu désires guider un compagnon vers la béatitude.

Pour quitter son corps

Il est mal avisé de tenter de quitter son corps sans avoir préalablement obtenu la clairvoyance.
Le rituel de clairvoyance peut être utilisé,
mais trouve d'abord un coussin confortable.
Agenouilles-toi de sorte que tes cuisses,
ton ventre et ta poitrine soient bien appuyés,
les bras tendus en avant et attachés de chaque côté,
de sorte que tu te sentes vraiment poussé en avant.
Alors que la transe s'induit,
tu devrais sentir un courant t'entraîner vers le sommet de ta tête.

Le martinet doit avoir un mouvement de tirant,
comme pour te retenir en arrière.
Les deux volontés doivent s'accorder en conservant une tension égale et constante.
Lorsque vient la transe,
le tuteur peut t’aider en t'appelant doucement par ton nom.

Tu te sentiras probablement tiré hors de ton corps,
comme si tu entrait dans un étroit passage,
et tu seras debout derrière ton tuteur,
voyant ton corps sur le coussin.
Tente d'abord d'entrer en communication avec ton tuteur.
S'il est clairvoyant,
il te verras probablement.

Au début, ne t'éloignes pas trop,
et il est préférable d'être accompagné par quelqu'un d'expérimenté.

Note: lorsque tu désires regagner ton corps afin que l'esprit et la matière coïncident à nouveau,
PENSE A TES PIEDS.
Cela entraînera le retour en place.

 Les outils magiques

Selon la tradition,
les meilleures matières pour fabriquer les outils sont celles qui ont été vivantes,
par opposition aux matières artificielles.
Ainsi,
le bois ou l'ivoire font de meilleures baguettes que le métal,
qui est plus approprié pour les épées ou couteaux.
Pour les talismans,
le vélin est préférable au papier manufacturé,
etc. De même,
les objets façonnés à la main sont valables,
puisqu'ils sont habités par la vie.

Pour fabriquer une crème d’onction

Prendre un plat en céramique à moitié rempli de saindoux ou d'huile d'olive.
Ajouter des feuilles de menthe chiffonnées.
Mettre au bain-marie. Remuer de temps à autre.
Après quatre ou cinq heures filtrer à travers une étoffe à fromage & remettre dans le plat.
Ajouter de nouvelles feuilles jusqu'à ce que le parfum soit intense.
Faire la même chose avec de la marjolaine, du thym & des feuilles sèches de patchouli,
si tu en as (car ce sont les meilleures).
Lorsque les huiles sont fortement parfumées,
les mélanger & sceller le tout dans une jarre hermétique.

Oindre derrière les oreilles, sur la gorge, sur la poitrine & le sein.
Dans les rituels de bénédiction, oindre les genoux & les jambes,
& de même pour les rituels liés aux voyages ou à la guerre.

 Autres

Une note sur la bénédiction du vin et des gâteaux.
On raconte qu'autrefois la bière et l'hydromel étaient souvent utilisés au lieu du vin.
On dit que des spiritueux ou n'importe quoi peut être utilisé, « pourvu que ce soit vivant ».

Tous sont frères et soeurs.
C'est pour cette raison que même la grande-prêtresse doit se soumettre à l’escourgée.

Si tu es tenté d'admettre ou de te vanter d'appartenir au culte,
souviens-toi que tu mets tes frères et soeurs en danger.
Bien que les bûchers de la persécution soient aujourd’hui éteints, qui sait lorsqu'ils flamberont de nouveau?
Plusieurs prêtres connaissent nos secrets.
Ils savent fort bien que si la bigoterie s'apaise, et que si les joies de notre culte sont révélées, plusieurs voudront le joindre, affaiblissant ainsi le pouvoir des Églises.
Si nous acceptons trop de recrues, les bûchers pourraient flamber à nouveau.
Ainsi, garde toujours les secrets.

Ceux qui participent aux rituels doivent savoir exactement quels résultats ils souhaitent obtenir et doivent garder leur esprit fermement fixé sur le résultat désiré, sans flancher.

Ici se termine Le Liber Umbrarum                                              Que Les Dieux vous bénissent
(Trad.: Cédric Lelièvre, Convent de l'Alouette)

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